
See Mee nous propose un article d’un de ses lecteurs racontant sa frustration en tant que blogueur. On peut le comprendre, car tous les blogueurs passent par cette étape. On réfléchit sur un article, on l’écrit au mieux, on fait des recherches et on est déprimé de voir le redoutable 0 commentaire après quelques jours.
Le problème est qu’il y a des milliers de blogueurs qui font autant d’efforts, et on ne peut pas prétendre qu’on fait plus ou moins. Tout dépend de l’objectif de chacun, mais si c’est la passion qui vous amène à créer un blog, alors le succès n’est que relatif. En fait, la popularité peut-être même un frein, car on perdra petit à petit sa passion au profit d’une écriture aseptisée.
La passion, c’est beau, mais comment être passionné tous les jours lorsqu’on a des factures à payer ? Lorsqu’on a des problèmes dans sa famille ? Ou juste qu’on pense que cela ne sert à rien. Le contributeur de l’article se trompe lorsqu’il dit qu’il y a des millions de lecteurs potentiels. Les blogs sont et resteront une communauté, et le copinage si critiqué fait partie du système qu’on le veuille ou non. Nous ne devons pas considérer le Web comme une chose différente de la vie réelle. Dans cette dernière, ce sont nos relations et nos aptitudes qui déterminent notre succès. Vous devrez jouer le jeu pour perçer, et une carrière en solo ne convient pas pour le blogging. Si on prend l’exemple des blogueurs influents, ils sont réussis parce qu’ils étaient les premiers dans la place…et c’est tout.
La thématique abordée par ce contributeur est les jeux vidéos, mais ce sont des sites comme jeuxvideos.com qui vient à l’esprit. Les gens n’aiment pas changer leurs habitudes, même si le contenu est meilleur dans d’autres endroits. La fidélité d’un lecteur est tellement aléatoire qu’il est impossible de la quantifier. Vous pouvez suivre tous les conseils en blogging que vous voulez, mais le truc est que le lecteur s’en fout complètement ! Si vous aidez le lecteur à résoudre un problème, alors il deviendra fidèle, c’est aussi simple que ça.
On ne doit pas craindre ces déprimes passagères, car elles font partie du paysage. Si vous en avez marre, eh bien ! laissez tomber pour quelques temps, et vous verrez que cela vous démangera de ne pas écrire. Aujourd’hui, je n’ai pas de planning pour écrire, car je suis passé par beaucoup de hauts et de bas (plus de bas d’ailleurs). Le moment viendra où vous vous en ficherez du succès ou des objectifs, et vous écrirez ce que vous voudrez et quand vous voudrez…et c’est à ce moment là que le succès viendra frapper à votre porte. La blogosphère est une chose merveilleuse, mais il est nécessaire d’accepter ses qualités et ses défauts pour en profiter au maximum.
Alors restez zen !
La question n’est pas de si ficher des objectifs ou de ne pas avoir d’objectifs, mais c’est de savoir que le feedback (nombre de com, de visites, retour médias, etc) ne dépend pas de nous. Il faut juste apprendre à ne pas se soucier de ce qui ne dépend pas de nous.
Mais on a tendance à inverser la responsabilité, c’est à dire que si on ne rencontre pas de succès, on pense que c’est notre faute, mais c’est juste que c’est comme ça que le système fonctionne.
“une carrière en solo ne convient pas pour le blogging”
C’est peu-être ça le problème: Vouloir faire *carrière*.
Comme tu le dis très bien dans la fin de ton article, quand on blog sans prétention de faire carrière, aucun de ces problèmes ne se posent. On arrête de se prendre le choux sur les “0 commentaires” et les qu’en-dira-t-on. On blog quand on en a envie, pour le plaisir, par motivation. Pas dans l’attente de l’approbation des internautes ou de l’establishment de la blogosphère.
Oui, mais tout le monde ne rejoint pas ce point de vue.
Ping : Tweets that mention La frustration du blogueur « Maniac Geek -- Topsy.com
Je suis le contributeur en question, et je me permets de réagir.
Je n’ai heureusement pas dit qu’il y a des millions de lecteurs potentiels, ça serait illusoire. Ce que j’ai dit, toutefois, c’est que je suis convaincu que la cible existe, sous entendant qu’elle ignorait peut-être notre existence.
La réalité des sites sur les jeux vidéo, et des sites en général est bien plus nuancée que celle que vous évoquez ici. Ça serait trop simple de dire qu’il n’y a que “jeuxvideo.com” et le reste. Il y a toute une échelle de site à publics différents, à fréquentations différentes. Nous ne sommes pas le concurrent de jeuxvideo.com, déjà parce que c’est un site très grand public, et donc aux aspirations très différentes, ensuite parce que ça n’a rien à voir en terme de fréquentation. On n’ambitionne d’ailleurs pas d’avoir leur positionnement, mais j’ai pourtant souhaité mettre en contraste notre démarche très rigoureuse avec celle de blogs qui marchent mieux, tout simplement parce qu’ils sont plus connus, sans pour autant avoir commencé avant.
On blog pour plusieurs raisons. Je ne perçois pas comme un problème de vouloir utiliser ce format plate-forme pour partager et promouvoir ses compétences. Vous aurez sans doute remarqué que nous travaillons en équipe, Console Syndrome n’a donc pas pour vocation de rester un blog très personnel, mais de travailler en équipe vers objectif commun. De fait, plus particulièrement dans cette position, on espère un certain résultat en échange de l’investissement conséquent dont je faisais mention. Ca n’en reste pas moins une expérience humaine via laquelle nous nous efforçons de proposer le meilleur de nous-mêmes.
Je ne critique pas votre point de vue, et je le rejoins, mais d’après votre article, on sent une grande frustration. On sent que vous critiquez d’autres blogs qui sont peut-être moins bons, et c’est ça qui me gêne. C’est le lecteur qui juge, nous les blogueurs, on ne fait que proposer notre opinion sur une thématique donnée.
Je peux comprendre que cela vous gène, mais je ne pense pas que les choses soient jamais aussi claires, aussi bien tracées. Je me considère lecteur avant toute chose. S’il advenait que je doive formuler une critique à l’égard d’un blog, je le ferais en tant que lecteur, et ca n’aurait rien à voir avec ce que je peux faire à côté. Dans mon texte les points de vue se mélangent, je le reconnais, à la fois parce qu’il est nécessaire de regarder ce qu’on fait de l’extérieur pour en évaluer la pertinence et que je ne considère pas mes critiques comme étant gratuites.
On n’est pas sans ignorer, de toute façon, ce que font les autres. En théorie, on a beau se dire “ce n’est pas à nous, les blogueurs, de juger”, j’aurais du mal à être convaincu que vous ne regardez pas ce qui se fait, que vous n’en émettez aucun jugement, ne serait-ce que pour vous. D’autant que ça ne change rien à cette réalité : c’est le lecteur qui décide. Maintenant ça ne justifie en rien de se focaliser outre mesure sur la fréquentation ou les “concurrents”, ce que je ne considère pas faire outre-mesure, et ne change absolument rien à la manière dont j’appréhende mon travail. La situation étant en cela particulière qu’elle n’engage pas que moi.