J’ignore pourquoi, mais chaque année, on revient sur le débat des trolls en disant qu’il faut les éliminer à tout prix. Le troll est aussi vieux que le web (sinon davantage) et je pense qu’il a sa place dans cet espace ouvert à tous. Owni rebondit sur les trolls avec un décret en Angleterre qui punit la diffamation sur le net et qui vise précisément les trolls.
A une époque, j’ai eu ma dose de trolls comme tout blogueur qui se respecte. En fait, vous allez forcément en rencontrer dès que votre blog devient un petit peu populaire. On peut les gérer de nombreuses façons en modérant les commentaires, en les bannissant ou en leur répondant pour atteindre le point Godwin (un point où la discussion est totalement bloquée).
Il existe deux principaux types de trolls, ceux qui critiquent le contenu et ceux qui critiquent le blogueur. Ceux qui critiquent le contenu sont les bons trolls puisqu’ils vous donnent une nouvelle vision des choses. Cela fait toujours mal de s’aperçevoir qu’on a négligé un point de l’article ou qu’on l’a sciemment omis et de découvrir que le troll a le chic de tomber dessus. Le mauvais troll attaque systématiquement le blogueur et il est tellement nuisible qu’il peut forcer le blogueur à abandonner la blogosphère. C’est même ce qui arrive fréquemment lorsque plusieurs mauvais trolls débarquent sur le blog.
On pourrait passer des heures à débattre sur les motivations psychologiques et philosophiques des trolls, mais le fait est qu’ils permettent de dynamiser le blogueur. Cela le réveille de l’apathie habituelle, car la provocation est la meilleure des armes. Evidemment, il existe des personnes qui sont mauvaises par nature et qui prennent un malin plaisir à attaquer toutes les publications. Mais je pense que le phénomène des trolls se réduit considérablement, en tout cas, dans la blogosphère. Les commentaires sont de moins en moins fréquents et les trolls sont passés aux réseaux sociaux où ils sont plus libres.
En fait, tout ceux qui publient ont une tendance au trolling. Dès qu’un article nous fait réagir, nous oublions toute la nétiquette et disons ce que nous pensons. La différence est que le troll le fait à chaque fois sans apporter quelque chose de forcément positif. Même de grands blogueurs sont tombés dans le piège du trolling et il a suffit de voir les réactions d’écorchés vifs pendant les élections présidentielles en France.
En fait, je pense que les premiers vrais trolls ont vu le jour dans Usenet. Il y a même probablement des archéologues qui ont étudié ça de près. D’ailleurs, /me va aller poser la question dans le newsgroup alt.folklore.computers, le repaire des vrais dinos du nntp.
Il me semble que c’est intrinsèque à internet qui est un média à la base hyperanonyme, enfin à la base, ce qui donne une excuse à certains d’avoir des attitudes qu’ils n’auraient pas le cran d’avoir dans la vie réelle, je me demande si ce n’est même pas un défouloir pour certains, mais c’est certain que les trolls que l’on le veulent ou non, font aussi partie du paysage d’internet. Un peu comme dans la "vie réelle" il y’a des bad boys, qui rendent la vie dure aux gens, on va dire que ce sont un peu les Bad boys d’internet !
Tu as oublié les trolls qui sont payés pour troller. Non, ce n’est mon cas, mais je traine souvent sur Numerama, et là, j’avoue les trolls sont plutôt suspects. Ils savent trop bien écrire, et longtemps, sans fautes, sans vulgarité, sans attaque personnelle au point qu’ils ne peuvent qu’être mandaté. Le troll Professionnel
Enfin, c’est mon hypothèse mais, je ne dois pas être très loin du but.