Un murmure sur le web passe souvent inaperçu, mais il peut se transformer en un vacarme assourdissant si on tente de faire taire ce murmure
Citation personnelle sur l’effet Streisand
Facebook censure certains de ses utilisateurs, Google a aussi été pris la main dans le sac à plusieurs reprise et Yahoo a même aidé à l’arrestation de dissidents chinois en publiant l’identité de leurs comptes mail. Mais Twitter prétend être le champion de la liberté d’expression et il a toujours été le premier à défendre ses utilisateurs lorsque les gouvernements lui ont demandés des informations, mais Twitter est tombé aussi dans le même panneau lorsqu’il s’agit de défendre ses propres intérêts.
Le compte de Guy Adams, un correspondant du journal The Independant, a été suspendu lorsqu’il a publié l’adresse mail professionnel de Gary Zenken, un responsable des sports de la chaine NBC. Twitter a argué que Guy Adams avait enfreint le règlement de Twitter parce qu’il avait publié une information personnelle de l’utilisateur sans son consentement. Cependant, cette adresse mail est déjà visible sur Google sur plusieurs sites et elle est disponible depuis l’année dernière. Guy Adams a beaucoup critiqué la couverture de la NBC sur les Jeux Olympiques de Londre et devinez quoi ? Twitter est partenaire avec la NBC pour l’aider à couvrir l’évènement en temps réel.
De ce fait, l’argument de Twitter ne tient pas la route puisque l’information était déjà publique avant que Guy Adams ne la publie sur son compte. Le fait qu’il aurait ou n’aurait pas dû le faire est un autre débat, mais cela ne justifiait certainement pas la suspension d’un compte. On ne compte plus les tweets qui contiennent des informations personnelles et jamais Twitter n’était intervenu. Twitter veut faire bonne figure en publiant une longue réponse sur son blog, mais le fait est que le mal est déjà et qu’il a intérêt à restaurer le compte de ce journaliste pour éviter une mauvaise réputation qui lui collera à la peau. Twitter avait déjà pratiqué la censure, mais de façon très discrète. C’était notamment le cas sur certains Trends Topics pour les sujets tels que Gaza ou Wikileaks, mais là, on peut dire qu’il a été pris en flagrant délit. Mais cette affaire comme celles qui ont suivies et malheureusement, celles qui suivront nous montre que nous ne sommes absolument pas les propriétaires de nos comptes et contenus sur nos réseaux respectifs. Nous pouvons consacrer beaucoup de temps à ces comptes et il suffit qu’on ne soit pas d’accord sur une seule chose pour avoir un scotch sur la bouche…ou sur le clavier dans ce cas.
En résumé, quand on déboule dans le cloud, si on ne se demande pas, qui c’est l’admin "ici-bas", it’s too late ,-)